Colloques

Conférences organisées entre 2000 et 2007 à l’Université Paris Diderot – Paris 7, UFR de Sciences Humaines Cliniques, dans le cadre du CM de DEUG 1 U2, Méthodologie générale. Objets et méthodes dans le champ des Sciences humaines, CM de DEUG 1 U6-1, Histoire des idées, Introduction générale aux Sciences humaines, CM licence 1 45PS1311, Méthodologie générale. Objets et méthodes dans le champ des Sciences humaines, CM licence 1 45PS1312, Histoire des idées, Introduction générale aux Sciences humaines.

1. Jean-Toussaint Desanti, 12 janvier 2000, Qu’est-ce qu’un être humain ?

2. Maurice Godelier, 4 mai 2000, Qu’est-ce que le don ?

3. Françoise Héritier, 17 janvier 2001, sur l’ensemble de son œuvre.

4. Danielle Alexandre-Bidon, 22 mars 2001, sur l’enfant, la famille et la mort au Moyen Âge.

5. Gérard Gourmel, 5 avril 2001, questions soulevées par l’affaire des sœurs Papin.

6. Claude Hagège, 17 janvier 2002, Qu’est-ce qu’une langue ?

7. Isaac Joseph, 22 mai 2003, Qu’est-ce que le malaise dans l’interaction pour Erving Goffman ?

8. Jean-Claude Kaufmann, 4 mars 2004 à propos de L’Invention de soi. Une théorie de l’identité, Paris, Armand Colin, 2004.

9. Michel Arrivé, professeur de linguistique à l’Université Paris X – Nanterre, auteur de Langage et psychanalyse, linguistique et inconscient. Freud, Saussure, Pichon, Lacan, éditions Lambert-Lucas, Limonges, 2005, première édition : Presses Universitaires de France, Paris, 1994, 1er semestre 2006-2007 et de Une très vieille petite fille, édition Champ Vallon, Seyssel, 2006 ; codirecteur (avec Izabel Vilela) de la revue Langage et inconscient : « Langage et inconscient, quoi de nouveau sur un très vieux problème ? » 14 décembre 2006.

10. Gisèle Sapiro, directrice de recherche au CNRS, Centre de sociologie européenne, auteur de La Guerre des écrivains, Fayard, Paris, 1999. SAPIRO (G.), codirigé avec PINTO (L.) et CHAMPAGNE (P.), et la collaboration de M-C. Rivière, Pierre Bourdieu sociologue, Fayard, Paris, 2004, « Violence symbolique et inconscient social : la théorie sociologique de Pierre Bourdieu », annulé le jeudi 6 avril 2006, a lieu le jeudi 5 avril 2007.

11. Jean-Claude Aguerre, psychanalyste membre d’Espace analytique, « La naissance des vampires », CM U6 spécialité psychanalyse et lien social, « tradition, corps et histoire », enseignement théorique de parcours, 13 mars 2012.

12. Conférence de Anicette Pradier-Bernard, ancienne directrice de la Maison de la Mère de l’Enfant (1981–2005) au cours de Max Kohn en licence 2. Méthode et techniques de l’observation clinique, 8 avril 2013.

Colloque 2002

L’inconscient des langues et le yiddish

Le lundi 4 mars 2002

Colloque international organisé par :
Max Kohn (UFR Sciences humaines cliniques – Université Paris 7).
Jean Baumgarten (UMR 7597 CNRS – Université Paris 7).
Sous l’égide de l’École Doctorale de Recherches en Psychanalyse.
Équipe « Interactions de la Psychanalyse ».

Cette journée d’étude se situe dans le prolongement du travail de l’équipe de recherche sur l’inconscient du yiddish qui se réunit régulièrement depuis le début de 2001 à l’Université Paris 7, Denis Diderot. Nous mettons cette rencontre internationale sous le patronage symbolique d’Isaac Bashevis-Singer qui, dans ses romans et récits, a transmis la langue yiddish dans toutes ses dimensions. Le héros du Magicien de Lublin, Yashe Mazur, marche sur une corde toute sa vie, entre deux mondes, entre deux identités, dans une écoute de l’entre-langue.

La langue yiddish a suscité tout au long de son existence millénaire des sentiments souvent extrêmes, ambigus. C’est sans doute que sa position transversale, marginale a engendré un évident trouble ou malaise. Comment, en effet, rendre compte d’une langue qui intègre des éléments sémitiques et indo-européens, sans toutefois pouvoir être réduite à un simple agrégat de composants puisés dans des parlers majoritaires. Quel statut donner à cette langue errante, qui fut parlée dans un espace transnational aux dimensions de l’Europe ? Mais c’est aussi que, du fait de sa complexité, de sa difficulté à être appréhendé, le yiddish a suscité nombre d’interrogations, source d’égarement, mais aussi de rejet souvent violent. Elle instaure une part de désordre dans les classifications, les hiérarchies et les systèmes institués.

Parler du yiddish, cela signifie repérer la place de l’inconscient quand le yiddish écoute d’autres langues, dans le multilinguisme, la transgression ou la dérision. Qu’est-ce qui se joue quand le locuteur passe de l’écriture hébraïque, qu’on pourrait dire archaïque ou ancestrale, à la langue parlée, proche des dialectes germaniques sans toutefois jamais être de l’allemand ? Comment rendre compte de l’espace propre du yiddish qui est expérience de la discordance et de l’écart par rapport aux langues majoritaires ?

Le yiddish interroge la langue de bois et la langue étatique, l’adhérence à des signifiants, puisqu’il passe son temps à s’en décoller, à choisir l’oblique, le transversal. La place du witz yiddish dans l’œuvre de Freud est avérée, et ne se confond pas avec sa traduction en allemand. Une discordance existe qui change tout. L’expérience du signifiant dans le witz yiddish ouvre un espace de parole et de vie et donne à penser dans une langue qui ne va pas de soi. Il faut élargir le débat à l’effet de yiddish dans la psychanalyse, en l’abordant dans un esprit pluridisciplinaire qui tienne compte de la culture yiddish dans son ensemble et qui maintienne le vif de la clinique.

Avec le yiddish, nous pénétrons dans une langue et une culture qui brouillent nombre de clichés et de certitudes, qui révèlent l’inconscient des cultures et des sociétés. C’est à ce type de questions que des linguistes, spécialistes du yiddish, des psychanalystes, des anthropologues tenteront de répondre. Nous essayerons durant cette journée d’étude de dialoguer ensemble pour dégager l’inconscient à l’œuvre dans une langue et l’effet d’inconscient.

Max Kohn et Jean Baumgarten.

 

Colloque 2005